Formation : gouvernance, stratégie & nouveaux modèles de l’entreprise

Du 19 au 21 octobre se tiendra à Paris la session de formation continue « L’entreprise aujourd’hui : gouvernance, stratégie et nouveaux modèles », qui s’inscrit dans le Cycle approfondi d’études en droit de l’entreprise (CADDE). Ouverte aux magistrats judiciaires mais aussi aux juges consulaires et aux magistrats exerçant à titre temporaire ainsi qu’à d’autres publics spécialisés (avocats, magistrats financiers), son format interactif vise à générer un dialogue entre ces acteurs de la justice et le monde de l’entreprise. Une formation qui traduit la volonté de l’ENM d’accompagner les magistrats dans une connaissance plus approfondie de leur environnement économique afin d’accompagner leur prise de décision.

Une session pivot du Cycle approfondi d'études en droit de l'entreprise (CADDE)

« L'entreprise aujourd'hui » s'inscrit dans le CADDE, l'un des 7 parcours qualifiants de formation continue proposés aux magistrats par l'ENM, pour renforcer leurs compétences dans des domaines spécifiques. Elle fait partie des sessions fondamentales destinées à la fois aux magistrats civilistes et aux magistrats pénalistes. Par son approche globale, elle constitue un moyen privilégié de découverte de l’environnement économique et une occasion unique pour les participants de débattre avec des chefs d’entreprise de toute taille et de tout secteur.

Lever les barrières entre les magistrats et le monde de l'entreprise

Denis Kibler, actuellement président de chambre au tribunal de commerce de Paris et directeur de la session, revient sur l’objectif de cette formation : « Bien que les magistrats aient affaire à l’entreprise dans l’exercice de leurs fonctions, la vision qu'ils en ont demeure souvent incomplète et c’est bien compréhensible. L’objectif est de leur offrir en peu de temps un panorama exhaustif des réalités multiples que recouvre le monde de l'entreprise, car sous ce même vocable existent des réalités très différentes. »

Une formation fondée sur l'échange et le débat

Un format interactif

La session sera rythmée par les échanges permanents entre les participants et les intervenants : « Les entreprises sont une matière vivante, qui évolue en permanence. Enseigner leur fonctionnement et leurs enjeux ex cathedra serait en contradiction avec leur nature comme avec l'ambition de la session, qui est d'encourager un dialogue actif entre magistrats et entrepreneurs pour les aider à mieux se comprendre », explique Denis Kibler.

Tirer parti de l'interprofessionnalité

« Réunir magistrats, avocats, juges consulaires et magistrats exerçant à titre temporaire dans une même formation est un moyen d'ouvrir les silos occupés par chacune de ces professions, en permettant l'échange sans enjeu. Si à l'issue de la session les interventions et débats successifs ont permis à ces professionnels de mieux se connaître et de comprendre comment dialoguer sur le terrain de leurs métiers, le pari sera gagné », poursuit Denis Kibler.

Un programme complet

La 1re journée se propose de faire un état des lieux sur les formes de l'entreprise aujourd'hui, qui vont de l’entrepreneur isolé à la multinationale employant plusieurs centaines de milliers de personnes. Denis Kibler précise : « Il s'agira d'expliquer qui dirige et contrôle ces entreprises, qui finance leur développement. La question de la trajectoire souvent aléatoire qui mène de leur création à leur disparition, souvent après de multiples péripéties, sera aussi abordée »

La 2e journée sera l'occasion d’examiner les 4 chantiers de la gouvernance : « Le 1 er est la tenue et l’interprétation des comptes, qui sera développée par un professionnel du chiffre. Le 2 e concerne les dirigeants, leur nomination, leur évaluation, leur rémunération et leur révocation. Le 3 e porte sur les divers risques qu'encourt une entreprise au cours de son existence, et enfin le 4 e traite de la stratégie. Ce prisme de présentation permettra aux participants de mieux cerner les difficultés qui peuvent amener une entreprise à se retrouver au tribunal, ainsi que les leviers qui sont à sa disposition pour l'aider à résoudre ces problèmes et donc à prospérer. »

Enfin, la 3e journée a l’ambition de présenter les nouveaux modèles offerts à l’entreprise, qui doit prendre en compte une demande de sens de la part des collaborateurs : « Le créateur d'une plateforme digitale viendra expliquer cette notion à travers son exemple personnel, et un franchiseur expliquera le développement de ce type d’entreprise, qui propose un mi-chemin entre la position de cadre salarié et celle d’entrepreneur totalement seul . Aussi, deux jeunes créateurs d'entreprise engagés dans l'écologie reviendront sur la transformation de leurs convictions en une activité créatrice d'emplois. Enfin, la directrice générale d'une entreprise spécialisée dans l'imprimerie de proximité interviendra sur les thèmes du digital et du numérique, deux domaines distincts qui prennent une signification bien précise et fondamentale dans l'entreprise aujourd'hui. »

Favoriser l’ouverture au monde de l’entreprise

Pour les magistrats en exercice

L'ENM propose d’autres formations, aux côtés du CADDE, pour faire le lien entre magistrats et entreprise. Ainsi, l e cycle « Magistrats, Avocats, Juristes » (MAJ) partage la même ambition de mettre l’interprofessionnalité au service de l'œuvre de justice. Mathieu Saunier, coordonnateur de formation continue à l'ENM, explique : « Le cycle MAJ est destiné à un public pluridisciplinaire, et vise à fédérer les professionnels du droit en favorisant les échanges autour de thèmes communs. Il s’inscrit dans la même philosophie d’ouverture des magistrats au monde de l’entreprise. »

Les magistrats peuvent également s’inscrire à des stages collectifs ou individuels autour de thématiques semblables : chez Veolia, Google, Total, ou encore à la Commission des Nations Unies pour le droit commercial international (CNDUCI) .

Pour les élèves magistrats

En formation initiale, les élèves magistrats de la promotion 2020 ont notamment bénéficié le 17 septembre dernier d’un webinaire consacré au dialogue social sous la forme d’un débat co-animé par les représentants d’un syndicat patronal et d’un syndicat de salariés. Ils ont également été initiés à la comptabilité des entreprises le 18 septembre au cours d’un atelier co-animé par un magistrat et un expert-comptable, dont le 2e volet prévu en octobre portera sur le thème de la fraude.