Les cahiers de la justice : l’office du juge

Le numéro 2020/4 des Cahiers de la justice, revue trimestrielle coéditée par l’ENM et les Éditions Dalloz, vient de paraître. Il est consacré au thème : « L’office du juge ». Désormais, un article en accès libre pour découvrir la publication.

Ce numéro traite de certains aspects de l’office du juge au sens des pouvoirs et devoirs attachés à sa fonction. Dans un monde globalisé marqué par le pluralisme des normes, sa fonction interprétative est essentielle.  
Tissée par le doute et la prudence, la décision du juge ne se borne cependant pas à dire le droit. Elle a pour horizon la recherche de la paix sociale, comme le montrent les textes de Guy Canivet, Boris Bernabé et Sylvie Perdriolle.
Elle doit nous aider à « faire société ensemble malgré les puissances désagrégatrices du chaos », comme l’écrit Pierre Judet de La Combe à propos des Euménides d’Eschyle.

Un article en accès libre par numéro

Désormais, les Éditions Dalloz et l’ENM mettent à disposition l’un des articles de chacun des Cahiers de la justice en accès libre. Pour ce numéro, il s’agit de : L’impartialité au cœur de l’autorité du juge. Approches philosophiques, de Julie Allard.

« L’impartialité au cœur de l’autorité du juge. Approches philosophiques » 

L’autorité du juge est souvent menacée par la subjectivité des décisions rendues, à laquelle on oppose un impératif d’impartialité.
Du point de vue philosophique, l’impartialité, liée à la position tierce du juge, est perçue comme sa capacité à mettre entre parenthèses sa subjectivité, ses opinions et convictions personnelles, ses sentiments et ses affects, qui pourraient influencer de manière arbitraire sa décision. Cette impartialité est conçue par la tradition rationaliste comme une distance avec le corps et ses fragilités : il s’agit de juger en pur esprit (Platon) ou en être inanimé (Montesquieu).
Deux traditions contestent cette conception de l’impartialité : selon les empiristes, aucun jugement n’est possible en surplomb, sans affect ni émotion (Hume) ; selon les sceptiques, la prétendue impartialité du juge est un rideau de fumée qui cache le pouvoir des juges et surtout, l’arbitraire de leurs décisions (Montaigne). Les penseurs contemporains comme Hannah Arendt tentent de concilier l’impératif de rationalité et le recours aux sentiments et à l’imagination pour bien juger, et aboutissent ainsi à une notion d’impartialité qui n’est pas ontologique, mais conçue comme un retour critique sur soi.

Les cahiers de la justice sont disponibles sur abonnement sur le site Dalloz.fr ou consultables dans les bibliothèques de l’ENM.